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 La course est fini, demain arrive [spécial Lucci]

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MessageSujet: La course est fini, demain arrive [spécial Lucci]   Ven 30 Oct - 1:29

Rob RucciAgent Supérieur|Cypher Pole 0
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Ils l'avaient attendu là, longuement, la dernière étape de leur voyage. Après, le Nouveau Monde. Deux ans d'attente et enfin : enfin un commencement. Là où ils iraient la main griffu du Gouvernement Mondial ne pourrait plus les atteindre. Ils pourraient mener à bien leur vraie mission : la formation d'une nouvelle génération du Cypher Pole, libre, loin de toute corruption et manipulation des Dragons Célestes, d'incompétence et de népotisme, fondée dans le fer de la vraie morale. C'était le rêve. En tout cas celui que Lucci avait imposé à ses compagnons, tout ce temps durant...
Pour cela, tous l'attendaient. Leur destin était figé en cette attente, relâchée dans le départ lorsque leur chef aurait fini sa dernière mission. Et le Den Den Mushi les avait averti.

Investis dans une demeure de la vaste zone de non-droit de l'île des arbres à bulle -ils n'avaient eu qu'à chasser un groupe de médiocres malfrats d'un modeste repaire - ils étaient tous là, les membres, les frères du "CP9 Perdu", Kaku, Jabura, Blueno, Kalifa, Kumadori et Fukuro, ainsi que quelques disciples qu'ils avaient amené avec eux en cours de voyage et qui n'étaient pas morts.
Le coup de Den Den Mushi de Robu Rucci les avait averti. Ils étaient assemblé à attendre son arrivée, anxieux. Leur leader était-il parvenu à sa mission surréaliste, qu'il avait menée seul avec Hattori ? Le tocsin de la fatalité retentit, représenté par quatre coups qui frappèrent en haut à gauche de la porte. C'était le signal attendu... Lucci était là, derrière.


***


Il était là, derrière, comme une ombre. Le visage aussi vide que la plupart du temps. Aussi inexpressif. Mais il y avait autre chose, qui rendait sa face plus dure encore : une sorte de gravité. Une qu'on voyait rarement en lui. L'échec, chez Lucci, s'exprimait surtout par la colère ou le silence le plus absolu à ce qu'on connaissait -comme plus de deux ans plus tôt. Mais jamais encore, par un sentiment de dominé, la figure d'un homme qui ploie sous plus fort que lui.

Une lettre. Il la tenait, serrée entre ses mains, comme s'il s'était agit d'une arme. Ses doigts étaient si solides qu'on aurait cru que le papier se froisserait, mais non, celui là restait intact, sorte de relique. Quelques pas. Le chef des meurtriers les dévisageait, l'un après l'autre. Puis il s'assit sur un fauteuil. Hattori se reposa sur un des coudes ; son compagnon à deux pattes de toujours saisit la bouteille de vin rouge qui l'attendait là, délicatement posée des heures plus tôt à son attention, et la déboucha d'un trait.
Les respirations se contractèrent.

Une demi heure plus tard, c'était encore la stupéfaction, l'incompréhension et l'égarement le plus désespéré. On l'interrogeait, on ne le comprenait pas.

- " Si, tu nous dit qu'on va tout arrêter " s'étranglait de rage Jabura
- " Je dis qu'on va tout continuer " appuyait son supérieur, imperturbable
- " Non, cesse ton délire ! On va faire tout l'inverse ! "
- " Je répète, au contraire, notre route a reprit pour de bon. Ce qu'on a toujours fait, on le continuera, d'autant mieux "

L'homme-loup avança dans un état de rage furibonde qui faisait trembler les murs, et lui arracha sa bouteille sans sommation. Sa tête, pourtant souvent désignée "folle" par les plus modestes témoins, était gagnée d'une telle crispation qu'elle semblait à un instant d'éclater comme du vers. Les yeux gonflés faisaient trembler la cornée de Jabura, le sang enflammait la couleur de sa frimousse, il haletait presque d'un poison nauséabond de haine.

- " C'est pour toi qu'on a fait ça !! Tout ça ! Toi, qu'on a vécu comme des parias, qu'on a quitté la maison mère !! TOI qu'on a suivi chaque jour, chaque instruction, chaque leçon de ta pseudo morale... Et jamais, jamais, jamais on se s'est opposé à toi !!! Tout ça pour que... Regarde-toi donc ?! "
- " C'est faux, lorsqu'on a défié la Marine, et avant, lorsque nous nous sommes échappés, je ne faisais que vous suivre. Vous m'avez désigné seulement ensuite, et c'est vous qui l'avez fait. "
- " Mais enfin !! On t'a désigné pour que tu nous sauves, pas pour que tu nous... mentes, pendant plus de deux ans !!! "

La colère insolente de Jabura n'était pas ce qu'il y avait de plus significatif. A quelquex mètres de là, des larmes coulaient sur le visage de Kalifa. Fukuro roulait des yeux et ne cessait de tirer sur la fermeture éclaire de sa bouche, en proie au désastre psychologique.

Ils étaient ainsi. Il s'y attendait peut être, peut être pas, il n'y avait à vrai dire pas pensé. Durant la plupart du chemin de retour, Lucci n'avait cessé de penser lui à ce qu'ils deviendraient, et non à comment ils se soumettraient à cette nouvelle. Le papier du Gouvernement Mondial ne quittait pas sa poche, enfermé par sa main comme dans une cage en béton, il avait réfléchit... à comment concilier les errances de ces deux années à leur nouveau chemin, en fait à leur retour sur leurs pas.
Alors même qu'ils pouvaient choisir de fuir, vivre en paria à jamais à l'abri des sphères de l'autorité, mais en parias honnêtes, fruit de missions menées à bien que l'homme-léopard avait su guider avec efficacité durant tout ce temps... C'était le cataclysme, la remise en cause de la remise en cause : on leur offrait la possiblité d'être graciés. Et de rejoindre le Cypher Pole. Le document portait la signature du Conseil des 5. La cause des anciens agents avait enfin été reconnue, Spandam limogée, les charges retirées et même leurs dégâts sur les effectifs nombreux massacrés en étant envoyés contre eux, agents et marine. Le but final, si éloigné qu'ils avaient fait comme s'il ne viendrait jamais... était enfin atteint.
Lucci avait réussi. Ce qu'il avait promit il y a deux ans, bien plus vite que prévu. Alors même qu'il revenait de la plus dure mission de toute sa vie : qu'il avait approché une pirate en annihilant tous les tabou personnel qui le freinaient, défié l'équipage de Barbe Noire, versé son sang presque jusqu'à la dernière goutte pour une ennemie, acceptés ses mains glissant sur son corps pour soigner ses blessures comme une Nakama... Pour rien ?
On le cherchait déjà à ce moment. Devinant que l'ancienne légende des assassins gouvernementaux aurait toujours une longueur d'avance sur les éléments envoyés à sa poursuite, une fois averti de la terrible bataille opposant Mihawk, Strange D. Nana et Rob Lucci à l'équipage de Barbe Noire, les espions avaient su envoyé un de leurs familiers suivre à distance leur cible... Une fois échappé du Moby Dick, Lucci avait reçu cette lettre lancé par un familier du Gouvernement Mondial, un oiseau minuscule seul capable de le suivre en toute circonstance et que même Hattori, vieillissant, n'avait su repérer.

Il y avait eu l'enfance. Avec le choc de la maturité, l'errance dans le long désert de l'adolescence. C'était fini maintenant, adulte, Lucci revenait à ses responsabilités. Il allait abandonner les folles errances, les illusions et vanités qu'il avait imposées à tous les autres avec lui pour maintenir leurs principes cadenassés dans la cohérence. Ces aventures étranges et troublantes qu'il avait pu s'autoriser, ses tueries d'agents de la loi, ses propos critiques virulents contre le pouvoir, sa pactisation avec des criminels, son rapprochement troublant tant il ressemblait à de la complicité, avec une pirate, son coeur battant pour le désir de torturer une autre...

La fin des rêves est les regrets de la maturité.
Mais si, enfermant sa douleur au plus profond de lui même, Lucci arrivait à faire croire qu'il consentait à rejoindre le Gouvernement Mondial et l'obéissance sans sacrifice, les autres autour de lui, sombraient dans la détresse et ne savaient s'ils pourraient payer le prix...
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MessageSujet: Re: La course est fini, demain arrive [spécial Lucci]   Sam 31 Oct - 4:05

Rob RucciAgent Supérieur|Cypher Pole 0
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Sauf que ce n'était pas terminé. Un passage ne se fait pas sans douleur, mais aussi pas sans conflits. Ainsi le groupe du CP9 Exilé que Lucci voyait autour de lui se montrait comme une nuée d'adolescents : reniement, peur, refus de grandir. Pourquoi était-il si sévère avec eux, alors qu'au fond il ne se différenciait guère trop de ses compagnons ? Oui, Lucci avait hésité, longuement hésité avant de décider si oui ou non il retournerait au service du Gouvernement Mondial. Il avait repensé aux débuts d'idéaux développés, aux arguments qu'il avait fabriqué contre les institutions, leur incompétence, leur corruption et leur hypocrisie, à la liberté enfin, qu'il avait découvert alors que paradoxalement lui et les siens n'étaient que des parias... Mais derrière tout cela, son groupe n'avait eu qu'un seul objectif : la survie. Garder son existence et la formation des nouvelles générations était le plus primordial, et l'occasion lui était désormais offerte. Leur était offerte.
Réfléchir avait été une expérience intéressante, mais après tout ils étaient mieux en machines à tuer... Ou peut être. Cette aventure que tous connaissaient, était aussi un fléau. Et en triant entre le positif et le négatif, Lucci avait en sa qualité de chef désigné tranché par ce qui ressemblait au meilleur résultant.

- " Et comment on va faire maintenant pour cette.. nouvelle vie ? " hésitait Kaku, non sans indignation
- " Retrouver celle qu'on a toujours mené, en dehors de cette aparté de deux années. Ne me mentez pas en prétendant que vous avez tout oublié "
- " Oui j'ai tout oublié " protestait Kalifa "J'ai totalement oublié ce qu'était l'atmosphère de cette vie... Maintenant je vois dans nos collègues seulement des assassins sans pitié qui nous ont traqué sans pitié, ce serait comme pactiser avec l'ennemi. "

- " C'est pourtant ce qu'on a toujours été. Nous nous réhabiturons rapidement, de toute façon l'autonomie n'a jamais été notre meilleur point. "

Le groupe parvenait à peine à croire que c'était lui qui tenait un tel discours. Comment pouvait-il paraitre si naturel et limpide, lui, Lucci ? Il ne ressemblait pas à ce qu'il avait toujours été, il se présentait plus profondément... humain. Et cette rupture n'en était que plus incompréhensiblement douloureuse et agaçante.
Il avait prit une autre bouteille. Il se servait encore, plus isolé que jamais avec Hattori comme seul soutien. Kalifa approcha de lui à grands pas, et bravant sa peur elle brandit un doigt nerveux vers lui. On aurait cru qu'elle menaçait de le transpercer son supérieur. Mais le fauve ne la regardait même pas dans la face, restant les yeux entre son verre et Hattori.

" Non ça sera pas facile, Lucci... J'ai tout jeté, tout ce qu'on m'avait fait croire depuis toujours, que le Gouvernement était le bien, comme tu le soutenais sans cesse, qu'on était des héros, qu'on faisait bien... J'ai du tout renier du jour au lendemain, plus rien n'avait aucun sens... Encore une fois parce que tu l'as voulu. J'ai eu honte d'avoir été agent, maintenant j'aurais honte d'avoir été criminelle... Tu es... Tu es... "


Mais ses mots se bloquaient. Elle rêvait de le gifler, sans aucun doute. Peut être pire.

" Tu sais Kalifa, tu peux vouloir ne pas rejoindre les autres et rester libre. Comme vous tous. Mais je ne peux pas promettre que je ne vous traquerais pas car je dépendrais uniquement des ordres des supérieurs. "


L'assemblée le fixait totalement interloquée, paralysée jusqu'à la moelle épinière par cette révélation. Mais qu'est ce que venait de raconter leur mentor... ?? Etait-il fou ? Il avait toujours vécu lié à eux, entravé à sa fidélité, et les avait protégé autant sous que contre le GM... Ils étaient sa seule famille depuis toujours... Et là, cherchait-il à se faire haïr d'eux ?! Cherchait-il à leur raconter qu'ils n'avaient pour lui aucune valeur ?! C'en était effroyable... Confortablement assit, le plus puissant des ex agents ne montrait aucune envie de coopérer, paraissait plus isolé et individualiste que jamais.
Jabura arracha le bouchon et bu plusieurs furieuses lampées la bouteille qu'il lui avait subtilisé. Pas de quoi faire protester Robu Rucci, déjà enfermé dans lui même. Il ne répondait à aucune question, aucune pression. Désemparés, étaient les autres... S'il voulait qu'ils y aillent, ils seraient bien forcés d'y aller, au Cypher Pole... Il n'y avait rien d'autre à faire, à part lui faire changer d'avis.

" Ça suffit !! " cria l'homme-loup. " Tu vas maintenant, puisque tu veux faire le grand , Luccinet, hé... Tu vas nous parler comme un grand. Te comporter comme un grand ! Tu vas nous convaincre de te suivre, et bien, tu vas nous disserter ! Là, regarde-moi... "
- " Cesse tes absurdités. "
- " LA FERME ! Absurdité ou pas, que ça ait du sens ou pas, je t'ordonne. Je te somme ! Je te défierais, jusqu'à ce qu'un d'entre nous meurt si tu réponds pas ! "
- " Jabu !! "
- " La ferme Kalifa... Le matou veut se la jouer... Qu'il croit pas que j'ai peur, oh oh oh ! Je sais que je gagnerais pas, mais s'il veut mon sang comme mise, ça me va parfaitement ! Kaku, tu me soutiens pour cette fois, au moins ? "
- " Je sais pas, mais on va dire que... Je veux savoir moi aussi. "

- " Alors le minou ?? Elle vient ta réponse ? "

Ils souffraient. Tous. Ils avaient amassé les blessures, les vexations et les craintes, entre tous les camps que ce soient les épées des pirates ou les balles de marine... Ce cauchemar, ils le devaient en partie à lui, et qu'il n'ai servi à rien, ce serait à nouveau sa faute. Mais pourquoi les humains voulaient-ils tous des réponses ? Réfléchir est une perte de temps, tout ce qu'il reste c'est ressentir... Tiens, écoutez-bien :



" Tu te souviens de notre échange avec Mihawk, hein ? On a été massacrés, laissés à demi-mort. C'est rien pour nous, hein... Mais t'as pas pensé, je me sentais comment d'avoir vécu ce combat, et survécu aussi ? Fier. Tu te souviens de cette petite qui nous avait donné une fleur, hein ? On était quoi pour elle, des gens biens, non ? Je redécouvrais une nouvelle vie, je m'y faisais, je devenais bien. Pas que moi, les autres aussi. On a jamais été aussi héroïques que cette époque là... Et maintenant j'apprends que j'étais quoi ? Une fiotte, ça sera ce qui sera marqué partout. Un traitre, un lâche, un qui a été un temps un criminel sanguinaire... Tout ce que j'avais dans cette petite vie tu l'as piétiné, tu m'écrases, tu m'étouffes, tu détruits tout ! Tu me condamne à une nouvelle vie d'esclavage... et en plus tu salis mon honneur, tu me condamnes à n'être aimé ni par le peuple ni par la justice... Tu me prends tout Lucci !! "

Il était fou de rage, ça ne faisait pas de doute. Illuminé, Jabura sombrait dans des propos incohérents à travers ses pavés théâtraux, rivalisant presque avec Kumadori sur le coup. Il projetait sa schizophrénie sans savoir l'expliquer à travers les postillons qu'il infligeait à son village. Il ne savait même plus qui il était, bien ou mauvais, ou était le bien et le mal, et quand il avait été bien et mauvais ces dernières années... Mais leur complainte à tous était fatigante...
Ils le harcelaient tous en dépit de sa feinte de les ignorer. Ils poussaient jusqu'au bout, se faisant passer pour de pauvres victimes. Ils étaient en effet des machines sans aucune considération politique, seulement pressés de finir leur travail sans se poser la moindre question, alors qu'à l'inverse lui Lucci, avait soutenu la justice si longtemps avec passion, était impliqué dans son esprit. Eux autres n'étaient que des pions... de purs égoistes.

" Et donc, continuez. Vous pensez être les seuls à avoir enduré pour rien, tout ce temps, c'est ça ? Vous pensez que j'ai toujours été tranquille pendant que vous morfliez, que vous étiez les seuls à subir le changement de vie ? Tout a changé pour moi, beaucoup, beaucoup plus que vous. Ces jours si, je faisais quoi ? J'ai protégé une pirate ! J'ai protégé sa vie, celle d'une criminelle avec du sang sur les mains. Son propre sang, je l'ai empêché de couler en sacrifiant mon propre manteau, je l'ai défendu de tout mon corps, je l'ai porté comme une enfant à travers ses obstacles et soignée... Moi, Rob Lucci. "


Il avançait d'encore plusieurs pas, les veines battants sur son front, crachant le venin sur son "ami" une ultime fois, comme s'il n'eut été qu'un petit ennemi digne de mépris.

- " Oui, et là je parle, je parle trop. Tu veux m'entendre confier mes vilains secrets, puisque ça a toujours été pour moi le pire effort de parler de moi ? Elle m'a soigné, elle a passé ses mains de pirates sur mon corps, elle m'a sourit et m'a parlé comme à un allié, sans que je proteste. Je me suis souillé au mal, j'ai franchi mes pires interdictions, tabous... Tu penses être le seul à avoir rampé dans la folie, Jabura ? Ça a été notre lot à tous. "
- " Ah ouais ?? Oh je vois, tu fais ta victime parce que tu as été tâté par une jolie femme pirate... Je suis sûr qu'au fond tu as aimé ça et que tu en redemanderais même ! "

Jabura avait choisit l'ultime provocation, celle que ne pouvait aucunement supporter son supérieur, il le savait bien. Avant que la phrase ait été fumée une flamme rougeaoyait dans l'esprit de Lucci, qui... frappa la tête de Jabura d'un coup terrible. Des planches éclatèrent dans le mur. Il ne le laissa pas reprendre son souffle... il continua, Lucci, il frappa, frappa, d'une foule de coups plus rapides que le son, de shigans les plus cruels et sans retenue. Prit par surprise Jabura suffoqua, cracha du sang, hoqueta. Après une longue série il parvint à bloquer une première attaque et à dégager son corps malmené comme du cuir tanné et largement ensanglanté. Mais il trébucha et s'étala, n'ayant pas même le temps d'un Tekkai. Juste de parler pour une nouvelle offense

" Urgh, alors... " [il remontait un nouveau crachat de sang] " Alors tu t'es amusé, hein... On attendait tous que tu deviennes un peu normal... Keuh, kof, keeuh.... Et tu choisis de .. avec une ennemie. Wah bravo, je comprends ta honte, ah ah... "

Le coup suivant était un oiseau de flamme gigantesque, projeté par un cercle de jambe vigoureux de la légende des assassins... Le Rankyakuu enveloppa Jabura et les flammes le mordirent comme une meute de chiens pendant qu'il lançait des "aie" et autant de rires moqueurs à la fois.
Le "léopard" préparait une nouvelle attaque aussi fulgurante, mais déjà presque tous les compagnons étaient là entre les deux pour arrêter le désastre, leur criant d'arrêter. Leurs voix étaient étouffées par une brume, comme dans un rêve. Sa rage dévorante, embrasait toute la pièce entière, elle l'amenait au confin de la folie et seule la violence saurait le calmer. Jabura avait réussi son coup
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MessageSujet: Re: La course est fini, demain arrive [spécial Lucci]   Dim 1 Nov - 1:18

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Comme une masse compacte, tous là. Mêlés, à espérer faire barrage entre les deux tempêtes. Jabura ensanglanté, était néanmoins prêt à combattre. Lucci approchait lentement de lui, comme une proie qu'on observe longuement dans la visée de la défier. Aucune parole d'apaisement ne pouvait les calmer, car elles étaient muettes, elles ne parvenaient pas à leur tympans comme des échos étouffés d'une autre dimension. Il n'y avait que leur fierté respective, leurs affaires. Et le loup vexé poursuivait à lancer ses grognements au léopard indifférent. Plus indifférent cette fois, blessé, le poil hérissé, feulant dans un sens métaphorique. Jabura ne le lâcherait pas car il savait ce qui comprimait son coeur.

" Alors bravo, je vois que j'ai touché un point sensible... T'es censé ne pas réagir à de simples mots, t'es un guerrier ! Mais là... comme une femme, tu réagis à un petit propos, et je peux te faire faire ce que je veux... "
" La ferme "
" Qu'est ce qui te blesse ? Que je ci... "
" La ferme "
" Que je cite une pirate qui t'as touché, que je suggère que t'as aimé ce contact ? Tu penses ne pas être humain comme... "


" Ferme ta gueule ! "

Transfiguré le Lucci. Qu'était-il maintenant ? Rien de ce qu'on connaissait. Le déni ne faisait que trahir davantage son humanité, celle enfermée depuis toujours comme une vilaine cicatrice cachée sous du tissu. Ou alors, révéler la crainte qu'il avait qu'on se méprenne sur lui et le croit humain, ce qui n'était pas moins faible.



" Tu sais ça te rendrais pas pire. Depuis qu'on est parti du Cypher Pole on s'est tous demandés comment tu y survivrais, tu as le droit de nous dire ce que tu penses, Judas. Ce que tu penses après toutes ces années où on ne sait toujours rien de toi ! "
" C'est la colère qui te fait raconter ces aberrations. Tu cherches le plus simple pour me faire du mal, c'est puéril. "
" Mais ça marche... Pourquoi n'aimes tu pas que je parle de ça ? Une femme n'est qu'une humaine comme d'autres, il n'y a rien d'anormal dans ce que tu as vécu. De quoi tu as si peur, Rob Lucci ? Tu viens de nous révéler ton point faible ? "

Il n'avançait plus. Il ne cherchait plus à foncer sur Jabura. Se résignant doucement, le leader en disgrâce du groupe de meurtriers semblait à court de réponse. Cogner Jabura c'était vrai, ça ne changerait rien et il ne parlerait que davantage. L'ignorer serait une meilleure victoire. Il y avait plus simple pour passer sa colère et oublier tout ce qui existait autour de lui. Il détruisit donc une chaise. Puis une autre. Il s'en prit à tous les meubles, un à un , sauf à son siège. Jusqu'à ce qu'ils l'implorent tous d'arrêter. Raclant de la semelle les débris, Lucci s'assit à sa place. Il sorti le reste de ses bouteilles, et se versa doucement un nouveau verre.
Jabura marcha, piétina un journal dans le désordre où on pouvait voir les têtes mises à prix des mugiwaras, puis s'arrêta le plus proche possible devant lui.



" Tu nous mets vraiment dans la merde, tu le sais ça. Alors donne-moi des raisons de me taire. "

Musique de l'atmosphère:
 
Lucci ne regardait pas, ne répondait pas, se contentant d'observer son verre et de prendre une gorgée, s'oubliant dans une action mécanique comme l'eut été pour d'autres la peinture. Cela ne changeait rien sur lui. Toujours aussi neutre, toujours aussi inexpressif, toujours aussi éloigné et dur. Kaku approcha aussi :


" Pourquoi on a fait tout ça pour rien. Pourquoi tu nous a tout fait faire si tu n'y croyais même pas. "
" On était des gamins, Kaku " répondit-il doucement. " Pendant toutes ces années on était des gamins."

Ils buvaient ces mots. Il avait raison, ils le savaient tous. Ils n'avaient jamais été que des enfants. Et cette décision était leur première réelle. Lucci l'avait prise pour eux. En tort ou pas, la naïveté laissait la place aux désillusions.
Soupirant, ils reprenaient leur propre activité, le genre de passe-temps misérable qu'on a dans une maison isolée. Les débris n'étaient même pas époussetés, trainant encore sous les pieds. Et lui Lucci, pensait encore, ou ne pensait pas. La méditation n'apportait aucune réponse et il ne cherchait que le silence de son esprit et les échos en lui qui se frayaient tous seuls.
A un moment Kalifa prit place à coté de lui, doucement. Redressant ses lunettes, elle hésita quelques secondes, puis tournant la tête lui parla, avec un sourire au coin d'une lèvre.

" Tu as laissé te toucher une ennemie ? "
" Oui. "
" Tu n'as jamais laissé aucun de nous le faire... Je suis contente. "
" Peut être. "
" Vous vous entendez bien ? Tu t'es fait une amie ?
" Je ne sais pas "

Je ne sais pas. Il ne voulait pas y penser. Pourquoi voulaient-ils clamer aux quatre coins ce qui n'était que ses affaires, ce qu'il n'osait penser que dans les tréfonds des coffres-forts de son intimité. Kalifa semblait contente pour lui. Comme maternelle, après des années il fallait bien, elle grandissait elle aussi, la jeunette bêtasse.



Et là il se réveilla. C'était un rêve. Un rêve mais de ce qui s'était passé concrètement, la veille. Est-ce que tout y était, est-ce que du contenu trop surréaliste était onirique ? Il ne s'en souvenait déjà plus trop. Lucci sorti pour voir se lever le soleil.
Seul avec ses pensées, comme durant toute sa vie, muré dans le silence qui peuplait l'absence de duels et de missions, il était là. Là à se dire, par exemple, qu'une chose aussi avait été bizarre ces temps ci. La fameuse Vie. Il n'avait cessé de penser à elle lors de ses moments perdus, à repenser en boucle au moment où ses mains l'avaient fait se tordre de souffrance. Il se remémorait le son de son cri, ses gestes incontrôlés, l'expression de douleur de son visage. La voir souffrir avait été finalement un des moments les plus agréables de ces semaines. Il était ainsi, sadique, raffiné, mais aussi sensible. Un plat peut être mangé comme un animal, mais en ce sens là c'était une vraie émotion.
Mais de telles occasions viendraient peut être moins, car plus jamais peut être il ne pourrait agir de son propre chef. Il avait goutté à la liberté comme à un gâteau, comme il avait goutté à donner du mal à cette jeune pirate, qui lui battait les sangs avec ce souvenir brutal et sensuel. Il avait goutté à l'interdit avec ce qui ressemblait à de la complicité ou de l'amitié de l'autre, Nana. Voir de la tendresse, car tout dans ses paroles était doux comme le lait.
S'ils croyaient qu'il ne laissait rien derrière lui, ils avaient faux. Il laissait derrière lui ce qui lui faisait le plus peur, qui il était vraiment. Une réponse que Lucci ne voulait nullement savoir, car il craignait de connaitre déjà un aperçu : il avait au fond de lui une faiblesse, une humanité même raccourcie jusqu'à ne plus être même visible sous les multiples frottement du papier de verre de sa personnalité. Il ne l'avait jamais autant perçu que ces jours ci. Et cela lui faisait peur d'en savoir plus, il voulait redevenir une machine. Il voulait rester fort. Il ne voulait pas être cet être apeuré, dominé, ou soulevé par une pulsion irrésistible.
Il ne voulait plus penser à l'enfant qu'il était il y a vingt-six ans de cela, martelé jusqu'à ce qu'on brise toute sa personnalité.

Hattori l'observait. Le soleil dépassait les eaux et on entendait s'éveiller le bruit des bulles de sèves comme un concert matinal. Lucci regrettait toujours de penser.


FIN
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